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Présentation générale

La Wilaya de Ghardaia se situe au centre de la partie Nord de Sahara . Elle est issue du découpage administratif du territoire de 1984. L’ensemble de la nouvelle Wilaya dépendait de l’ancienne Wilaya
de Laghouat. Il est composé des anciennes dairate de Ghardaia, Metlili et El-Ménéa.
La Wilaya de Ghardaia est limitée :

- Au Nord par la Wilaya de Laghouat ( 200 Km ) ;
- Au Nord Est par la Wilaya de Djelfa ( 300 Km ) ;
- A l’Est par la Wilaya de Ouargla ( 200 Km ) ;
- Au Sud par la Wilaya de Tamanrasset ( 1.470 Km ) ;
- Au Sud- Ouest par la Wilaya d’Adrar ( 400 Km ) ;
- A l’Ouest par la Wilaya dEl-Bayadh ( 350 Km ) .

La Wilaya couvre une superficie de 86.560 km2 se répartissant comme suit :
Superficie de la Wilaya

CommunesSuperficies( km2 )
Ghardaia
300
El-Ménéa
27.000
Daya
2.175
Berriane
2.250
Metlili
7.300
Guerrara
2.900
El-Atteuf
750
Zelfana
2.220
Sebseb
5.640
Bounoura
810
Hassi-El-F’hel
6.715
Hassi-El-Gara
22.000
Mansoura
6.500
Total
86.560

Elle est caractérisée par des plaines dans le Continental Terminal, des régions ensablées, la Chebka et l’ensemble de la région centrale et s’étend du Nord au Sud sur environ 450 km et d’Est en Ouest sur environ 200 km. 

Les Escarpements rocheux et les oasis déterminent le paysage dans lequel sont localisées les villes de la pentapole du M’Zab et autour duquel gravitent d’autres oasis ( Berriane, Guerrara, Zelfana, Metlili et beaucoup plus éloignée au Sud El-Ménéa ).

L’appartenance au milieu saharien et aride contrait fortement l’occupation de l’espace. L’implantation des villes s’est faite par rapport aux grands axes de circulation et aux oasis et leur développement a été étroitement lié aux conditions naturelles ( eau, climat, relief …).
Le couvert végétal est pauvre. La structure et la nature du sol ne sont pas favorables à l’existence d’une flore naturelle riche. La verdure est plutôt créée par l’homme. Cependant la région n’est pas dépourvue de végétation naturelle ; elle est rencontrée dans les lits d’oueds.

Du point de vue urbain, les agglomérations sont classées selon leur statut administratif, la Taille (nombre d’habitants) et la localisation par rapport axes principaux axes et l’importance ( la hiérarchie  fonctionnelle ). De ce fait on a :

- Ville d’importance nationale : GHARDAIA
- Villes d’importance régionale : GUERRARA, EL-MENEA, MELILI ET BERRIANE.
- Centres urbains d’importance locale : BOUNOURA, EL-ATTEUF, HASSI EL-GARA.

C’est une région très active où le secteur tertiaire est prépondérant avec le commerce, le tourisme et l’artisanat mais aussi l’agriculture phoénicicole et l’industrie.
Dans la Wilaya de GHARDAIA le niveau de l’emploi est meilleur que le niveau national ;

Aperçu géographique

Données physiques

Le désert se présente sous des formes diversifiées :
- Les ergs, restes massifs de dunes.
- Les ergs, plaines caillouteuses qui courent vers l’horizon sans que le moindre relief vienne accrocher le regard
Les sols pierreux recouvrent une partie importante des déserts. La vie y est pratiquement inexistante. La nature du sol joue un rôle primordial dans la désertification. La température des déserts n’est donc qu’un phénomène secondaire.

Composition des sols désertiques

Le sable ne domine pas dans le Sahara, les sols désertiques sont surtout pierreux. Les sols argileux couvrent une grande partie des déserts. La surface d’un sol argileux se dessèche très rapidement après une pluie. Cependant la dessiccation pénétrant de plus en plus profondément, la zone de départ de l’évaporation devient de plus en plus profonde et la zone d’évaporation de plus en plus basse.

En surface, sous l’ardeur du soleil , l’évaporation peut donc appeler l’eau souterraine salée dont les sels imprégneront l’argile. Sols salins et sols argileux vont donc souvent de pair. Les sols se retrouvent plus dans les zones arides.

Au Sahara, on dénombre de nombreuses dépressions salines (sebkhas). Certaines régions sont caractérisées par la présence d’une forte préparation de gypse qui de 20 à 40 cm de profondeur, cimente les particules des sols argileux ou sableux. Le gypse est une roche sédimentaire formée de sulfate de calcium hydraté  cristallisé. On  l’appelle  encore  «  pierre à plâtre  »  car chauffée entre
150 °C et 200 °C, le gypse perd de l’eau et se transforme en plâtre.
Rien, ni sa situation, ni son site, ne semblait pouvoir favoriser de la vieille cité de GHARDAIA là où elle est née, seul un concours de circonstances historiques  a pu amener une population dans un tel milieu et l’y enraciner.

L’ensemble géomorphologique dans lequel s’inscrit le M’zab est un plateau rocheux , le HAMADA, dont l’altitude varie entre 300 et 800  mètres.
Le paysage est caractérisé par une vaste étendue pierreuse où affleure une roche nue de couleur brune et noirâtre.
Ce plateau a été masqué par la forte érosion fluviale du début du quaternaire qui a découpé dans sa partie Sud des buttes à sommet plats et a façonné des vallées. L’ensemble se nomme la CHEBKA
«  filet» à cause de l’enchevêtrement de ses vallées. L’Oued M’zab traverse ce filet de 38.000 km2 du Nord-Ouest vers le Sud-Est.

La vallée du M’zab atteint à hauteur de GHARDAIA, une altitude de 500 mètres. C’est dans le creux de l’Oued M’zab, sur des pitons rocheux, que s’est érigée la pentapole. Chacune de ces  cinq (05) cités est entourée par des collines ravinées par l’érosion pluviale.

Patrimoine floristique   

Les principaux facteurs qui influent de manière significative sur la végétation sont le climat
( précipitation, température, luminosité…), le sol et l’altitude. C’est surtout le complexe équilibre de ces facteurs qui joue un rôle primordial à la fois dans la répartition et le développement des plantes. Chaque milieu naturel dispose d’un cortège floristique adapté aux conditions, surtout climatiques et édaphiques qui y prévalent. Ainsi les plantes peuplant le sahara sont adaptées à la secheresse de
celui-ci cette adaptation se retrouve dans la structure de toutes les plantes qui vivent en milieu aride. Pour vivre en milieu sec, la plante doit, ou bien accroître au maximum l’absorption d’eau qu’elle est susceptible de rencontrer, ou bien réduire les pertes d’eau qu’elle subit du fait de la transpiration.

Elle peut aussi se constituer des réserves d’eau, lorsque la possibilité lui est fournie, qu’elle utilisera ensuite.
Les deux premiers procédés sont employées par les plantes dites « xérophytes sèches », le dernier se rencontre dans les   «  plantes grasses » .
Diverses plantes du désert possèdent de longues racines abondamment ramifiées grâce auxquelles elles peuvent puiser profondément  dans le sol l’eau  fossile ou d’infiltration qui y séjourne sur les couches géologiques non absorbantes.

Pour tout l’ensemble désertique qui commence de la cote atlantique jusqu’à la mer rouge en traversant tout le continent africain, le total des espèces vasculaires ne semble pas dépasser les 1200 ( p. Ozenda : flore du sahara septentrional et central ). Un inventaire effectué par le Maire en 1933, dans le hoggar dénombre 300 espèces sur une superficie de 150.000 km². Pour les environs de Ghardaia, DIELS indique également le chiffre de 300 espèces spontanées. En voici quelques unes

Dans les Ergs : Aristida pungens ( drin ) Retama retam ( Rtem ) Calligonum comosum, Ephedra allata ( àalenda ), Urginea noctiflora, Erodium glaucophyllum.

Dans les Regs :  Haloxylon scoparium, Astragalus gombo, Caparis spinosa, Zilla macroptera…

Dans les lits d’oueds et dhayate : Phoenix dactillifera, Pistachia atlantica, Zyziphus lotus, Retama retam, Tamarix articulata, populus euphratica….

Lutte contre la désertification : La lutte cotre la désertification consiste à empêcher, si non à freiner l’avancée des sables vers les terres fertiles et les agglomérations ainsi que la protection des ouvrages ( voies ferrés, routes… ). Ainsi toute opération de reboisement constitue un rempart pour l’ensablement, mais en parallèle, il faudrait aussi procéder à des opérations de fixation des dunes, nous distinguons :

La fixation mécanique : Cette technique consiste à stabiliser la dune par un maillage en seuils inertes naturels ( palmes sèches, branches ) ou artificielles ( mailles plastiques ) afin de limiter l’action du vent sur la surface de la dune, par conséquent limiter le transport et le déplacement des grains de sable.

La fixation biologique : Elle consiste à installer une végétation sur la dune. Il est difficile, voir impossible de fixer biologiquement les grandes dunes. Quand aux petites dunes, plusieurs espèces peuvent être utilisées entre autres : Retam, drin, atriplex, tamarix, olivier de boeme….
La méthode la plus efficace est celle qui combine à la fois les deux techniques de fixation.

Production de plants : Les plans forestiers utilisés dans les opérations de reboisement réalisés à travers la Wilaya sont produits au niveau des pépinières de la conservation des forêts.

Localisation Superficie en m² Capacité de production ( plants ) 
 Siège conservation – Bounoura40060.000
 Siège district – Berriane33840.000
 Siège circonscription – Zelfana60090.000
 Total1.338190.000

Pour la campagne 2004/2005, une quantité totale de 75.000 plants, toutes espèces confondues, a été produite.

La zone humide " Sebkhat El Malleh  " d’El-Ménéa :
 
Localisation : située à 12 km d’El-Ménéa (El-Goléa) à 05 km de Hassi El-Gara, et          à 280 km de la ville de Ghardaia, chef lieu de Wilaya.
Superficie totale : 18.947 ha.
Type de zone humide : continentale
Critère de RAMSAR ( convention internationale ) : 3-4-6

Critère 3 :
Le site joue un rôle important pour le maintien de la diversité biologique Méditerranéenne et celle du sahara central en abritant 02 populations animales nicheuses, le Fuligule nyroca porté sur la liste rouge de l’UICN et le tadorne casarca.

Critère 4 :
C’est un site d’importance internationale parce qu’il abrite une importante population animale, le fuligule nyroca nicheur, avec un effectif supérieur de 5 fois au 1% international de la population meditéranéenne.
Le site est inscrit sur la  liste Ramsar des zones humides d’importance internationale pour l’année  2006.

Critère 5 :
Le site accueille le 1% international de la  population de Fuligule nyroca nicheur de la région méditerranéenne avec un effectif moyen de plus de 500 individus.
Le site est inscrit sur la liste Ramsar, des zones humides d’importance internationale en décembre 2004.

Les espèces d’oiseaux observées 2004/2005 sont :
Canard souchet, canard pilet, canard chipeau, sarsselle d’hiver, tadorne casarca, fuligule nyroca, aigrette garzette, héron cendré, grande aigrette, poule d’eau, héron garde bœufs, héron pourpré, foulque macroule, flamant rose, échasse blanche, chevalier arlequin, chevalier cul-blanc, bécassine des marais, ibis falscinelle, grand gravelot, bergeronnette grise, buse féroce  et busard des reseaux.

 Climatologie
Le caractère fondamental du climat Saharien est la sécheresse de l’air mais les micro - climats jouent un rôle considérable au désert. Le relief, la présence d’une végétation abondante peuvent modifier localement les conditions climatiques.

Au sein d’une palmeraie on peut relever un degré hygrométrique élevé, le degré hygrométrie modifie les effets de la température pour l’homme.

Les éléments qui viennent modifier considérablement les effets de la température par les êtres humains et sur la végétation :

 L’Humidité
 Le Rayonnement
 La composition des sols
 Le relief,.....

Il  faut  tenir compte également du  fait  que  les  moyennes  de  températures  sont  relevées  à  l’ombre .et celle-ci est rare au Sahara où la température au sol peut dépasser 60 °C .

Le climat Saharien se caractérise par des étés aux chaleurs torrides et des hivers doux, surtout pendant la journée.

Pluviométrie :  Les  précipitations  sont  très  faibles  et  irrégulières. A  Ghardaia,  elles  varient  entre 13  et  68  mm  sur  une  durée  moyenne  de  quinze  ( 15 )  jours  par  an.  A  El-Ménéa,  elles  varient entre  0,4 mm et 147,5 mm avec une moyenne annuelle de  41,5 mm ; le nombre de jours de pluie ne dépasse pas onze ( 11 )  jours ( entre les mois de Janvier et Mars ). Les pluies sont en général torrentielles et durent peu de temps sauf cas exceptionnels.

Température : Elle est marquée par une grande amplitude entre les températures de jour et de nuit, d’été et d’hiver. La période chaude commence au mois de Mai et dure jusqu’au mois de Septembre. La température moyenne enregistrée au mois de Juillet est de 36,3 °C, le maxima absolu de cette période a atteint  47 °C. Pour la période hivernale, la température moyenne enregistrée au mois de Janvier ne dépasse pas 9,2 °C, le minima absolu de cette période a atteint -1 °C.  

Les vents : Il n y’ a pas de désert sans vents. Le vent est le facteur principal de la topographie désertique. Pendant certaines périodes de l’année, en général en Mars et Avril, on assiste au Sahara à de véritables tempêtes de sable. Des trompes de sable se déplacent avec violence atteignant plusieurs centaines de mètres de haut.                

L’obscurité règne et toute activité cesse. Ces phénomènes peuvent durer de un à trois jours et plus, avec cependant une accalmie durant la nuit. Des masses de sable peuvent être transportées à des distances considérables.

Pour éviter les effets dévastateurs du vent sur les cultures, il est nécessaires de protéger celles-ci par des écrans suffisants.

En région désertique, le vent et les particules de sable qui l’accompagnent imposent des contraintes à tous les niveaux de la vie sociale et économique. Si l’homme ne peut pas changer les lois de la nature, il est cependant capable d’en prévoir les effets, de réduire ses conséquences néfastes et parfois aussi de les utiliser à des fins économiques. Les éoliennes peuvent dans certaines conditions apporter un complément non négligeable d’énergie .

les vents qui ne trouvent plus d’obstacles à leur progression sur les régions dénudées apportant la sécheresse. L’érosion éolienne prend la relève de l’érosion hydrique. Les vents dominants d’été sont forts et chauds tandis que ceux d’hiver sont froids et humides.
Les vents de sable sont très fréquents dans la région d’El-Ménéa surtout pendant le printemps, les mois d’Avril, Mai et Juin.

Pour ce qui est du Sirocco, dans la zone de GHARDAIA on note une moyenne annuelle de 11 jours/an pendant la période qui va du mois de Mai à Septembre.


Hydrologie
Dans le désert non seulement les précipitations sont rares et irrégulières mais l’évaporation est considérable et plus importantes que le niveau de précipitations.

Actuellement on utilise , sans compter les réserves d’eau fossile situées dans la couche géologique du continent intercalaire ( nappe albiènne 1/41/  ).

Les forages vont  chercher  l’eau à  de  grandes  profondeurs. On  parle  d’une  fabuleuse  réserve  de 800.000  m2 située en dessous du grand Erg Oriental mais quelques soient les estimations, il n’y a qu’une certitude : ces réserves ne sont pas réalimentées et donc limitées dans le temps.

Le développement de nouvelles techniques pour réalimenter les nappes, les dispositifs mis en place pour réduire l’évaporation peuvent certainement faire reculer l’échéance et l’on peut espérer que le génie de l’homme trouvera des solutions appropriées avant l’épuisement total des ressources aquifères. En attendant la vigilance doit être de rigueur et le gaspillage sévèrement contrôle.

Les hommes du M’zab ont inventé le système le plus performant et sans doute le plus sophistiqué pour le captage de l’eau et pour la distribution équitable entre les exploitations . Canaux, rigoles, tours de guet  pour les crues, peignes, trémies, freins, plaine d’épandage et d’infiltration pour les surplus qui réalimentent la nappe phréatique, puits , tunnels maçonnés (timchet), puisants d’aération ; savantes combinaisons de trouvailles qui font qu’aucune goutte de pluie ne puisse être perdue. Cette gestion sophistiquée de l’eau et sa distribution équitable participent d’une morale religieuse et sociale.

Même au cœur du Sahara on peut assister à des phénomènes inhabituels comme des inondations. Durant certaines années exceptionnelles, comme au début du siècle passé ou en 1991 et en automne 1994 de violentes crues ont déferlé sur la vallée en causant de sérieux dégâts.

L’exploitation de l’eau dans la vallée du M’zab s’opérait le creusement progressif de certains puits traditionnels atteignant la nappe phréatique. Actuellement, l’alimentation en eau s’effectue par des forages  de  profondeur  variable  de  350  à  500  mètres  puisant  l’eau  fossile  de la  nappe  albiènne
( continental intercalaire ) dont les réserves sont estimées à 15.000  milliards de mètres cubes.
      
 
Exploitation spatiale et hydrique et organisation sociale

L’exploitation spatiale et hydrique, connue universellement par son originalité et sa rationalité est le résultat d’une organisation sociale typique et exemplaire.

La halqua des Azzaba Ibadites en s’installant au M’zab à la fin du dixième siècle , avait amorcé un processus d’urbanisation qui embrassera toute la région , pour avoir comme conséquence importante la disparition des Ksars occupés jadis par des tribus isolées et belliqueuses , au profit de sites structurés , qui constitueront par la suite des pôles d’attraction pour plusieurs tribus nomades venues des divers horizons sahariens (des hauts plateaux de l’ouest en particulier) telles les Ouled Abdallah , les M’dabihs, les Affafra , ainsi que des Châamba pour s’intégrer dans les cités du M’zab .
      
La Halqua en elle même représentait une  façon d’être en totale rupture avec la démarche Ibadite initiale caractérisée , elle , par un volontarisme dans la propagation du rite .        

Démarche qui avait été l’origine de la chute de l’Imamat de Tahert , et de plusieurs dissensions au sein du rite .           
 
 En s’attelant à l’action éducative, à la moralisation et à la codification des rapports souvent conflictuels les halqua ont permis l’émergence d’un savoir faire et d’une culture qui avait domestiqué ces espaces pourtant hostiles à toute vie . D’une contrée isolée auparavant , la région  s’ouvrit au négoce et devient une place incontournable . 

La gestion des espaces par les habitants du M’zab et de la Chebka  en général, l’ingéniosité des mises en valeur et de l’exploitation maximale des potentialités hydriques et spatiales et des sites d’élection, continuent à susciter l’intérêt des plus avertis.

En effet, si El-Ménéa, au Sud, se distingue par une profusion d’eau et de terres qui avaient pérennisé une façon de faire ancestrale, l’hostilité des régions du Nord de la Wilaya avait contraint ses habitants à déployer toutes leurs capacités et leur savoir faire en matière de coexistence d’abord, élément vital qui leur permettra par la suite l’exploitation judicieuse du peu de richesses disponibles.

C’est ainsi que les vallées du M’zab, de Metlili, de Berriane et la Daïa de Guerrara ont été judicieusement exploitées.

Entre les trois premières, nous pouvons déceler une identité des techniques d’exploitation hydraulique en particulier, imposée par la nature du site, et favorisée par l’instauration d’un réseau de coopération inter-cités. Nous trouverons par exemple, qu’au delà des clivages religieux, Melika et Metlili ( Ibadite et Malékite ) ont réussi à unir leur efforts afin de faire face à une impitoyable concurrence que Beni Izguen et ses alliés leur avaient imposé. Ce qui leur avait permis d’exploiter Oued Metlili et de renforcer le souk de Melika.

Cette identité des techniques embrasse :

Les systèmes de captage des eaux de surface, par la réalisation d’une toile d’ouvrages de grandes, moyennes et petites dimensions ; tels les ouvrages de détournement des cours des Oueds ( Oued Said par exemple à El-Atteuf ) , les canaux de collecte d’eau ou les simples murets de chaux construits le long des flans de collines afin de récupérer la «  moindre » goutte d’eau.

- Les systèmes de captage des eaux souterraines par le forage de puits allant au delà des 50 m de profondeur et la réalisation à ce niveau de galeries de captage de source et de stockage.

- Les systèmes de stockage des eaux des crues par la réalisation de digues de retenues au niveau des palmeraies , et de petits réservoirs dans chaque jardin .    

- le système de distribution qui obéit à une application très stricte des normes de répartition des eaux d’une manière équitable.

- Issue pourtant de la vallée du M’zab , Guerrara, quant à elle,  nous propose un mode spécifique d’exploitation des potentialités hydrauliques qu’offre le grand Oued Zegrir. Ce mode se caractérise par la simplicité et par sa merveilleuse adaptation au site. Un mode que nous pouvons appeler immersion.

- En effet le serpentement de l’Oued Zegrir permet un remplissage des daïate le long de son lit. Comme son nom le suggère, Guerrara en est une. Lorsqu’en 1630 ses nouveaux habitants ont décidé de mettre en valeur la dépression qu’offrait lagrara, ils procédèrent de la manière suivante :
 
- Construction d’une digue ( barrage) qui permettra l’orientation des eaux de l’Oued essentiellement vers la dépression. Une fois remplie, l’eau est réorientée vers son cours normal.

- Construction avant le creux de la dépression d’une digue de retenue, qui permettra de retenir les eaux le temps de la décantation des alluvions. Après quelques jours l’eau retenue est évacuée pour être stockée dans le creux de la dépression ce qui permettait d’alimenter la nappe phréatique.

Ce qui avait permis aux habitants de Guerrara de développer une véritable forêt de palmiers. Ce système qui distingue Guerrara des autres villes de la Chebka, était basé essentiellement sur le travail du collectif et des Touiza qui continuent à distinguer les gens de Guerrara.

Les villes Mozabites possèdent un caractère architectural unique et très original. Les maisons étagées à flanc de monticules dégagent une harmonie dont seuls sont capables de grandes bâtisseurs inspirés.

Tous les grands noms de l’architecture mondiale après un passage à la vallée du M’zab sont restés confondus par cette harmonie, ces lignes pures et cette beauté simple. La plus vieille Mosquée du M’zab ANLAWAL qui fut à l’origine un Bordj de défense est aujourd’hui le monument qui a inspiré les plus grands de l’architecture mondiale.

La mosquée est toujours située au sommet de la colline ( à l’exception de la mosquée de Bounoura ) avec son minaret dominant la ville.

Le minaret Ibadite est reconnaissable par sa forme pyramidale allongée terminée par quatre « doigts» et s’élevant à quelques 20 mètres du sol. La mosquée est considérée comme le point focal autour duquel vont s’articuler tous les autres éléments, c’est le centre de la ville autour duquel s’enchevêtrent les autres éléments.

C’est autour d’un espace central intérieur ( Ouasset El Dar ) que s’organise la maison Mozabite.

Le souk centre public exclusivement réservé aux hommes, est avec la  mosquée et la maison le troisième élément principal de la cité.

Le cimetière occupe une place importante dans la mémoire et la vie communautaire Mozabite (  visite du cimetière le vendredi et les jours de fête ) .

La palmeraie est un élément indissociable de la structure de la cité, elle est appelée «  forêt » par les locaux qui la considèrent comme un lieu de repos. Des résidences d’été sont construites dans les jardins de la palmeraie.

A cette structure particulière de la cité va correspondre une forme d’organisation sociale fondée sur des instances juridico - religieuses dont certaines continuent à fonctionner sans pour autant perturber le champ de la gestion administrative des institutions publiques officielles.

Les mozabites se caractérisent par une profonde organisation sociale et religieuse . une échelle hiérarchique  constitue  la  communauté  Mozabite :la famille qui est l’unité de base, la fraction
( A’chira ), la tribu et le A’rch   qui englobe tous les habitants du Ksar.

L’organisation religieuse est constituée par un conseil religieux des sages qui est l’organe législatif et exécutif de la communauté.
  

 
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